Le passé, présent et futur de CJ Wellsmore

Lundi, juin 4, 2018 - 16:12
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Le passé, présent et futur de CJ Wellsmore – des pentes enneigées aux rues de Bangkok 

Triple champion du monde, cela fait maintenant une vingtaine d'années que CJ Wellsmore sévit sur ses rollers. De retour cette année sur les FISE World Series après s'être remis de blessures multiples, il est actuellement 3ème au classement overall de la Coupe du Monde World Skate Roller Freestyle Park.  
 
Il revient pour nous sur son changement de scène vers le roller, et ce que ça fait d'être l'un des pros les plus expérimentés du circuit.  
 
Comment en es-tu venu à faire du roller? 
 
Mon père tenait un magasin de ski en Australie, dans les Snowy Mountains. J'ai skié aux Winter X Games et j'étais le plus jeune compétiteur, j'avais 11 ans.  Je suis passé du ski au rollerblade en 1996 quand on a déménagé en ville et que nos parents nous ont acheté à mon frère et moi chacun une paire de rollerblades. On faisait juste semblant de skier en descendant les rues en pente avant de commencer à rider au skatepark municipal!   
 
Est-ce qu'il a été facile de passer du ski au rollerblade?  
 
Il existe beaucoup de parallèles entre le roller et le ski, donc le passage fut rapide et facile.  Le Ski Freestyle vient d'ailleurs du rollerblade – même les noms de tricks sont les mêmes. Les skieurs ne le reconnaissent pas toujours et j'essaie de les pousser à essayer le roller. Si tu veux devenir un meilleur skieur, fais du roller en été et roule sur les méga rampes. C'est exactement pareil.  
 
Comment t'es-tu retrouvé pro? 
 
Ce n'était pas vraiment mon but. À l'origine, tout ce que je voulais c'était m'amuser avec mes amis et faire partie d'une communauté. Puis avec les contests et les pros du monde entier qui ont commencé à venir ici, en voyant très jeune ce qu'il était possible de faire sur des rollers je me suis dit : “Je veux devenir bon dans ce truc-là."  Je voulais pouvoir faire comme eux : envoyer des flips et des spins, et montrer les possibilités sans fin de ce que tu peux réaliser avec ton corps.  
 
Qui admirais-tu quand tu as commencé à faire du roller?   
 
À l'époque, il y avait tellement de pros australiens et la scène était forte ici. Pour moi il y en avait un qui sortait du lot c'était Matt Solano – il était comme le dieu du roller! Il a 45 ans maintenant mais peut encore skater un park comme si c'était hier.  
 
Comment se porte la scène roller en Australie aujourd'hui?  
 
Elle a vraiment pris un virage vers le pire. Le rollerblade est en disgrâce dans la pop culture depuis que le skateboard et le surf ont pris le dessus – ces disciplines sont énormes en Australie. Je suis parti car la scène est tellement réduite et peu de riders pratiquent encore.  Avant je travaillais pour un skate shop ici nommé Skater HQ, j'allais dans les écoles et j'apprenais le roller inline aux enfants – parfois 30 à la fois. Je suis parti à Bangkok pour le roller freestyle, là-bas les jeunes riders sont de plus en plus motivés, intéressés et ils ont envie d'apprendre des tricks.   
 
Crois-tu qu'il y ait un bon équilibre entre les styles dans la scène roller actuelle?  
 
J'adore ce qui se passe en ce moment – on a des riders excellents venant du monde entier. On ne parle pas que de gros flips. Je regarde les compétitions et j'adore tous les nouveaux styles différents. C'est fantastique de voir des riders comme Roman Abrate et Julien Cudot faire toutes ces grosses manoeuvres,  Joe Atkinson et ces lignes géniales, et d'autres riders apporter leur flow à la scène. Ça me donne envie de skater plus dur.  
 
Cela fait un moment que l'on te voit sur la scène – est-ce que tu te vois comme un conseiller pour d'autres riders sur le circuit?  
 
Beaucoup de kids en France veulent juste faire des flips et du coup on parle de mon style et la manière dont je vois certains tricks. Il n'y a pas qu'une seule manière de skater. Généralement les gens semblent plus confiants à faire des flips que des grinds, mais c'est bien de leur montrer que tu peux faire ce que tu veux et les guider pour qu'eux aussi trouvent leur style.  
 
Qu'est-ce que le futur te réserve? Est-ce que tu te vois travailler dans le roller?  
 
Je skate depuis maintenant 22 ans – je ne sais même plus! Ma passion pour ce sport n'a jamais été aussi forte. Je vais continuer à pousser le truc pour que le sport reste vivant et à partager mon savoir dans le domaine. Je veux juste démocratiser le rollerblade et pousser les kids à essayer, les motiver pour être plus actifs et passer du temps dehors, plutôt que d'être paresseux et le regard fixé sur un ordinateur. J'adore comment le FISE offre la possibilité aux gamins de voir du roller et comment tout ça est montré au grand public – je suis vraiment reconnaissant de pouvoir en faire partie et regarder mon sport grandir. C'est cool ça ne fait aucun doute! 
 
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes riders? 
 
Pour beaucoup de kids de nos jours – s'ils n'arrivent pas à faire quelque chose tout de suite, ils perdent leur motivation et passent à quelque chose d'autre qu'ils peuvent faire immédiatement. Ce n'est pas comme ça que ça devrait se passer. Tout ce qui vaut la peine d'être accompli demande un peu de practice et on en ressent généralement vite les bénéfices. Cela prend peut-être quelques mois pour bouger correctement sur des rollers, mais un peu de patience et de persévérance peuvent vous ouvrir tant de portes et vous commencerez à en voir les bénéfices.   
 
 
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Copyright : Cj Wellsmore