FISE UP MAI 2021

03 mai 2021 13:00

FACE B / ZOOLOO NATION
Interview et photos Maxime Ramoul 

 

FISE UP change de formule et s’affiche désormais ici même sur le site ainsi qu’en déclinaison tous les mois sur les réseaux sociaux où on s’amuse dans des stories instagram riches et romancées. Nous continuons de mettre les projecteurs sur les passionnés de nos disciplines. Nous accueillons par exemple avec joie le projet FACE B du crew « Zooloo Nation ». De la vidéo, des photos, un livre et une interview en plus de Maxime Ramoul qui a piloté la sortie de tout ça. Ah oui, au fait, leur truc à eux c’est le Freeski, ça veut dire liberté et ça fait faire plein de trucs visiblement.

 

Dis-moi, le street ce ne serait pas un peu du genre dangereux hahaha 

C'est vrai qu’en ski quand ça tape, ça tape fort. Le ski c’est toujours plus gros, plus vite, plus loin. En fait le street ça reste un monde assez méconnu, un peu à part, et il y a forcément un moment où tu te dis que t’as assez donné et tu te rabats sur la neige fraiche.

 

Tu as eu des petits papillons dans le ventre pendant le shooting de ce clip avec César sur le rail ?

Haha ouais un peu, après j’ai assez confiance en lui. On aurait tous préféré qu’il nous plaque ce 27in de l’enfer mais après le coup sur la tête on comprend qu’il n’ait pas eu envie d’y retourner.

 

César Fabre

César Fabre

 

Racontes-nous le processus de shape d’un gros kick ?

Le secret c'est d’avoir un crew de locaux qui connaissent le domaine par cœur, malgré tout tu restes tributaire des conditions. Dans l’idéal il vient de neiger, il fait beau, il n’y a pas de vent et le spot repéré marche à coup sûr. Mais en vrai ça n’arrive qu’une fois par saison ça haha. Parce que même si t’as la meilleure idée du monde et que tu as tout bien shapé ; si ça se couvre ou que ça se met à souffler, tu rentres chez toi.

Et il arrive, comme dans notre cas, que le mois de janvier se déguise en avril avec des températures printanières et pas de nuages donc pas de neige pendant 3 semaines. Et là tu te retrouves vite à juste explorer le coin à la recherche de la moindre poche de neige fraiche oubliée par le soleil et le vent ; parce que personne n’a envie de voler 30 mètres et poser sur de la glace et/ou des cailloux.

 

D’où te vient cette passion de l’argentique ?

Je fais partie de cette génération qui a appris avec le numérique et qui fait le choix du retour à la pellicule, d’abord par recherche esthétique et puis par souci d’authenticité. Gamin les photographes auquel je m’identifiais c’était Fred Mortagne et Jérôme Tanon, ce rendu pellicule était à part et c’est sûrement à cause d’eux si je me suis mis à dérouler du film. Il y a ce truc intemporel en plus et ce processus unique qui t’amène à tirer sur papier et à faire des livres, des beaux objets que les gens pourront toucher. Dans cette démarche Face B se veut un projet entier, et avec le livre, comme une trace laissée au service d’un esprit auquel on croit.

 

Face B se veut un projet entier, et avec le livre, comme une trace laissée au service d’un esprit auquel on croit.

 

Jules Bonnaire

Jules Bonnaire

 

Parles-nous des Arcs un peu, le terrain de jeu doit être fou ?

Les Arcs c’est clair, il y a tout ce qu’il faut. C’est un domaine immense, varié, qui déjà par gravité donne accès à bien des spots. Il y a toujours de la neige et soirées sont bien corsées (chez Boubou forever).

 

Comment les gens de la station perçoivent les Zooloo, quand ça grinde des câbles de télésiège par exemple hahaha ?

Oh comme partout le kick-out fait partie du jeu et tu essaies toujours d’être un peu discret surtout que les Zooloos sont tout sauf anonymes ici. Ils n’ont pas envie d’être pris pour les vandales du village. Pour le câble du TS c’était en fin de saison la station était fermée et il n’y’avait plus personne là-haut, les gendarmes ont quand même débarqué pour disperser tout le monde le premier jour, à la fin du shape heureusement. On y est retourné le lendemain, au cas où, et l’image vaut le coup je crois.

Paul Roques

Paul Roques

 

Ça ressemble à quoi la montagne en temps de pandémie ?

Ah c'est autre chose, d’autant plus aux Arcs où le grondement des remontées mécaniques et le boum boum des discothèques se font d’habitude entendre jusqu’au sommet. Il faut imaginer un massif entier arrosé par le plus bel hiver de la décennie, sans remontées, sans passage de machines, laissant la montagne entièrement vierge et silencieuse. Donc oui c’était l’année pour se mettre au ski de rando ce qui renvoie quelque part aux racines de nos pratiques. Les images se méritent du coup.

 

La notion de liberté est clé dans votre projet, est-ce que le fait d’en être limité l’a rendu encore plus indispensable à votre mode de vie 

Pour tout le monde c’est une période particulière, la crise a frappé fort par là-haut. Après le ski, si t’avais envie d’en faire tu pouvais. Beaucoup de gens sont montés chercher des virages de neige fraîche par tous les moyens. C’est sûrement un point de passage pour nous aussi, mais la passion je crois s’est ressentie  encore plus forte une fois là-haut en pensant à la réalité d’en bas dans la vallée.

 

zooloo

 

La passion s’est ressentie encore plus forte une fois là-haut en pensant à la réalité d’en bas dans la vallée.

 

Quels sacrifices ou quels choix de vie impliquent ce besoin de liberté car je n’imagine pas les Zooloos riches héritiers.

Faire des vidéos de ski, c’est un choix passion qui demande effectivement implication et sacrifices. En France les freestylers payés à la saison pour skier ça se compte sur les doigts de la main, et la plupart sont des compétiteurs. Globalement ceux qu’on appelle riders pro sont des gens qui ont du sponsoring matériel avec un quota de posts sur les réseaux. Il faut bosser à côté et trouver du temps pour skier. Dans le crew Jules est coach à la Freeski Academy des Arcs et prend sur son temps libre pour filmer, Pierre et Paul bossent sur les chantiers hors saison pour financer leur hiver, Joff et César sont moniteurs pendant les vacances scolaires et sont intérimaires et barman l’été.

 

Parle-moi de la délicate relation entre liberté et danger de la montagne, j’imagine que des histoires tristes ont forcément aidé à forger une relation de respect fort vis-à-vis de la montagne…

La montagne sera toujours plus forte que toi. C’est une chance de pouvoir passer autant de temps là-haut mais l’humilité est de mise. Un crew comme celui-ci c’est des années d’expériences et de formation en montagne ; malgré tout personne n’est au-dessus des risques. Le combo arva/pelle/sonde c’est la norme quand on sort des pistes, les sacs ABS (airbag) sont une assurance de plus également en cas d’avalanches. Mais il n’y a pas que les avalanches, le risque est indéniable et le danger est le même pour tout le monde. Julo nous a d’ailleurs fait une belle frayeur pendant le tournage. Des histoires tristes évidemment il y en a beaucoup trop, et on a beau être une joyeuse bande de casse-cous, personne ne veut voir son pote disparaître en montagne.

 

Merci Maxime pour nous avoir prêté ton bébé, salue bien les Zooloos de notre part.

 

 

FACE B

Soutenu fièrement par K2, Les Arcs, Chez Boubou 

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