Entrevue avec Julien Cudot

Mardi, décembre 19, 2017 - 10:40
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“Skatez avec conviction... Et amusez-vous en le faisant”: Une entrevue avec Julien Cudot

Cette année la FISE World Series Roller World Cup a été marquée par une floppée d'exploits osés et autres manœuvres insensées qui à chaque fois ont enflammé le public. Julien Cudot - le champion 2017 - a certainement été celui qui s'est adonné le plus à ce jeu-là. Nous nous sommes donc tournés vers le "Flying Frenchman" pour savoir comment il s'est mis au Roller et connaître les secrets de son style de skate agressif. 
 
Quand est-ce que tu t'es mis au Roller? 
 
J'avais 7 ou 8 ans. J'ai essayé beaucoup de sports quand j'étais gosse - football, judo, basketball, tennis, natation, mais à chaque fois je ne dépassais jamais la première leçon. Puis j'ai demandé à mes parents si je pouvais essayer le roller. 
 
Ma maman m'a emmené au Roller Park Avenue - le plus grand skatepark en Europe, dans la banlieue de Paris.  Ce fut la pire journée de ma vie, je n'arrêtais pas de tomber. Et un an plus tard j'ai demandé à mon père de m'y remmener, j'ai commencé à me sentir bien sur mes rollers et j'ai n'ai jamais arrêté depuis.  
 
Tu es le gagnant de la Roller Freestyle Park World Cup. Comment se sont passées les FISE World Series pour toi cette année?
 
C'était génial. Comme le Roller était présent sur trois étapes cette année c'est bien plus amusant pour tout le monde. Mais tu dois être complètement focalisé - tu ne peux te permettre aucun faux-pas si tu veux rentrer dans le top 3.  Certains de mes amis qui skatent sont revenus dans la compétition cette année et on s'est retrouvé au coude à coude (comme avec Romain Godenaire). Les parks étaient très différents et plus gros cette année. Je prie pour qu'il y ait plus d'étapes l'année prochaîne pour hisser le Roller vers un tout autre niveau. 
 
Quel est ton endroit préféré pour skater? 
 
Le Roller Park Avenue reste dans mon cœur, et “Les Boudins” à Bercy. 
 
Ton style de skate est très osé et aggressif. Comment ça t'es venu? 
 
Je pense que c'est parce que j'ai appris les bases dans des skateparks et sur des rampes vert. J'ai fait aussi du trampoline et du plongeon de falaise étant très jeune - donc ça m'a mis à l'aise pour tout ce qui est rotation et flip. En plus, quand mon skatepark local a fermé, j'ai dû skater d'autres parks et dans la rue, avec les rails et les ledges.  
Quand j'étais petit, je participais aux compétitions face aux grands pros avec certains de mes héros, donc je devais rouler sur des obstacles qui, bien que de taille normale pour tout le monde, étaient gros pour moi. 
Et puis avec mes amis et au contact de gars comme Stephane Alfano, ça te fait réaliser que tu peux faire beaucoup de choses que tu oses à peine penser comme possibles, simplement à cause des limites liées aux standards qu'on a à l'esprit.
 
Un des moments forts du championnat de cette année fut ton énorme front flip vers le haut de la rampe drop-in à Budapest. Raconte-nous ce qui s'est passé dans ta tête avant de faire la figure, et après coup.  
 
J'y ai beaucoup réfléchi! J'ai dit en plaisantant avec Romain [Godenaire] en arrivant sur le park le premier jour : “Imagine un front flip en montant là-haut”. Pour mon deuxième run de demi-finale, je l'ai fait en 360 et j'étais sûr que c'était possible de faire un front-flip. Ma cheville n'était pas encore totalement guérie et même si j'étais sûr que c'était faisable, ça allait être le premier trick de mon run et ça pouvait foutre en l'air tout le run si j'échouais, mais je voulais vraiment le faire!
 
J'ai commencé mon run avec une bombe (j'ai dû faire déplacer un juge qui était là-haut pour le faire). Après coup? Je me suis juste dit : “Je l'ai rentré!”. J'ai dabbé puis j'ai continué mon run.  C'était la meilleure des sensations, pour un trick accompli contre toute attente.
 
Tu t'es bâti une réputation de top park skater. Est-ce que ton approche diffère entre skater dans un contest de park et skater dans un contest de street? 
Je n'ai pas participé à beaucoup de contests de street – je crois que mon approche est différente parce que j'ai appris en skatepark où les choses viennent plus naturellement pour moi. Je passe encore du temps à skater en street, mais ça dépend du genre de spot. J'aime juste encourager mes amis et les autres skaters comme une bonne groupie.
 
Que vois-tu dans le futur du Roller?
 
Je pense que les gens qui sont en dehors du roller skate vont prêter de plus en plus attention au inline agressif parce que c'est de mieux en mieux à regarder. Même si nous ne sommes pas le premier sport extrême de la liste, on est là et ce qu'on fait est génial.  
 
J'espère qu'il va y avoir plus de compétitions comme les FISE World Series pour que les gens découvrent ça, que ce soit lors d'autres festivals ou des démos. 
J'aimerais que ce soit perçu davantage comme un sport professionnel avec plus d'engagement de la part des sponsors et plus de couverture médiatique – Je crois que ça va arriver un jour!
 
Quel conseil donnerais-tu aux futurs athlètes du roller ? 
 
Juste de skater le plus possible - peu importe l'heure ou l'endroit. Laissez vos capacités se développer naturellement. Skatez avec votre profonde conviction - pas votre tête ou votre cœur, et amusez-vous en le faisant. Si vous avez le bon feeling à faire ce que vous faites – continuez comme ça.